
Délicieusement rétro, symbole des années 1970 et 1980… Les montres à affichage digital sont des objets à forte personnalité qui, depuis quelques années, font leur grand retour sur le devant de la scène !
Si celles et ceux qui les ont autrefois connues les apprécient pour leur histoire, les plus jeunes sont souvent simplement admiratifs de leur look rétro, facile à adopter. Notre guide sur les montres digitales vous embarque dans un voyage fascinant qui vous permettra de percer bien des mystères gravitants autour de ces objets emblématiques.
Aussi appelé « affichage numérique », ce type d'affichage indique l'heure au moyen de chiffres et non par de traditionnelles aiguilles. Il s'oppose ainsi à l'affichage analogique utilisé par les montres « à aiguilles ».

Montre digitale vs montre analogique
Pour présenter l'heure, les montres digitales utilisent souvent un écran à cristaux liquides, également appelé « écran LCD » ou « Liquid Crystal Display ». Cet écran se matérialise généralement sous la forme d'un fond gris, beige ou vert sur lequel sont inscrits des chiffres noirs. Si la majorité des modèles possèdent cet affichage basique, certains adoptent cependant une présentation différente…
C'est le cas des montres digitales à affichage « reverse », où les chiffres clairs contrastent sur un fond noir. À une certaine époque, il n'était pas rare de voir certaines personnes modifier leurs montres pour obtenir ce look plus moderne et intrigant. Face à cet engouement, de nombreuses marques horlogères ont réagi et se sont mises à proposer des modèles dotés de ce style.
Plus rares, certaines montres digitales indiquent l'heure via des disques ou bien de petites diodes colorées, rouges, bleues, vertes, etc… La particularité de ces dernières est que l'heure n'apparaît pas de manière permanente, il est nécessaire d'appuyer sur un bouton pour la visualiser pendant quelques secondes. Ce fonctionnement atypique s'explique par le fait que ces montres sont très énergivores, mais nous allons y revenir…

Grace à son approche unique, l'affichage digital possède de nombreux avantages…
Note : ces avantages concernent les montres écran LCD, à savoir les modèles digitaux les plus répandus aujourd'hui.
Cela peut paraître étonnant, mais les toutes premières montres digitales de l'histoire utilisaient un système de disques rotatifs pour matérialiser le temps qui passe. Les montres à heure sautante ont ainsi introduit un affichage de l'heure sans aiguille, d'abord sous la forme de montres de gousset, puis de montres-bracelets.

Montre Bulova à heure sautante, circa 1920 (Source : Lot Art)
Ces montres étaient animées par un mouvement mécanique à remontage manuel et présentaient une approche originale, celle de créer des garde-temps capables de représenter le temps qui passe autrement que par des aiguilles. Cependant, elles n'étaient pas encore désignées par le terme « digital ». Il faudra attendre les années 1960 pour que cette appellation commence à apparaître sur les cadrans des montres digitales.

Montre digitale Smiths (Source : Kibble Watches)
À cette époque, certains modèles mécaniques à remontage manuel affichaient l'heure grâce à des disques glissant continuellement, plutôt que par des sauts instantanés. C'est précisément à ce moment-là que le terme « digital » commence à se diffuser auprès du grand public.
Mais si l'on met ces premiers modèles mécaniques de côté, la Pulsar P1, lancée en 1972, est considérée comme la première montre à affichage digital moderne. Elle se présentait sous la forme d'une montre en métal avec, au centre de son boîtier brossé, un écran noir sur lequel des chiffres rouges indiquaient les heures et les minutes, grâce à un affichage LED.

Montre Pulsar P1, 1972 (Source : Monochrome Watches)
Cette référence sera rapidement remplacée en 1973 par la Pulsar P2, au style encore plus moderne. Pour les passionnés de modèles vintage, cette montre a récemment été rééditée par Hamilton sous le nom de « American Classic PSR ».

Montre Pulsar P2, 1973 (Source : Revolution Watch)
La toute première montre digitale à écran LCD verra le jour peu après, toujours en 1973, grâce à la marque japonaise Seiko avec la LC V.F.A. 06LC. Son écran capable d'afficher six chiffres permettait de suivre les secondes, offrant un affichage innovant qui sera rapidement adopté comme standard par de nombreux autres fabricants.

Montre Seiko LC V.F.A. 06LC, 1973 (Source : seiko.co)
La Seiko LC V.F.A. 06LC se distinguait par son style futuriste, sa résistance à l'eau et son réglage via trois boutons ronds placés sous l'écran. Cependant, cette innovation avait un coût et le modèle était proposé à un prix très élevé, inaccessible pour beaucoup…
En 1974, Casio entre à son tour dans la danse avec le modèle « Casiotron », référence QW02, qui fut la première montre-bracelet développée par la marque. Elle affichait l'heure et les minutes, mais intégrait également un calendrier capable de reconnaître les mois de 28, 29, 30 et 31 jours, une véritable complication quantième perpétuel donc.

Montre digitale Casio Casiotron 1974 (Source : Europastar)
Dans les années et les décennies suivantes, plusieurs marques suisses telles qu'Omega, Zodiac, Heuer ou encore Tissot proposeront des montres digitales au style à la fois futuriste et reconnaissable.

Montre Omega Seamaster à affichage digital réf. 386.0803, 1979 (Source : Café Noir - Les montres)
En France, la marque Jaz se démarquera avec un large éventail de montres à quartz accessibles, allant de modèles sportifs à des pièces plus chics et habillées, tout à fait portables avec un costume.
Certaines montres digitales sont même devenues cultes : la Casio F-91W, l'une des montres les plus accessibles au monde, ou encore la Casio CA-53W, la célèbre montre-calculatrice portée par Marty McFly dans le film Retour vers le futur.

Montre calculatrice Casio CA-53W-1 (Source : WATCHDAVID)
Les modèles chromés de Casio, au-delà de leur popularité parmi les amateurs d'horlogerie, sont devenus de véritables icônes de la pop culture ! Ces modèles prouvent qu'il n'est pas toujours nécessaire de dépenser des fortunes pour s'offrir des pièces horlogères emblématiques !
Aujourd'hui, la tendance est à la réédition de modèles incontournables. Plusieurs marques s'inspirent de leurs archives pour proposer des réinterprétations modernes de leurs classiques, comme la montre Casquette de Girard-Perregaux ou la Casiotron de Casio, qui figurent parmi les créations les plus marquantes.
Aujourd'hui, l'affichage digital se retrouve partout ! Et les montres de poignet ne sont pas les seules à en être équipées. Une certaine proportion de réveils, d'horloges murales et de petites horloges de bureau offrent un affichage digital.

Plusieurs montres, réveils et horloges à affichage digital
Le succès de ce mode d'affichage s'explique par sa simplicité, sa fonctionnalité, sa lisibilité et son côté pratique. Certaines marques se sont même spécialisées dans les montres digitales. La marque japonaise Casio est sans conteste la plus célèbre, elle a développé toute une gamme de modèles autour de l'écran LCD. D'autres acteurs se sont également lancés dans la course, comme Timex, D1 Milano, Swatch, ou encore Tissot, qui a même proposé une version digitale de sa célèbre PRX.
Quant aux horloges murales, beaucoup d'entre nous ont déjà fréquenté un collège, un lycée, un gymnase ou une salle de sport où trônait un modèle digital, souvent carré, parfois rond, mais toujours noir, affichant l'heure à l'aide de minuscules diodes rouges. Une véritable madeleine de Proust !

Horloge murale digitale à LED Lunartec (Source : Pearl)
Ces exemples montrent bien que les outils de mesure du temps à affichage digital sont littéralement omniprésents. Leur facilité de lecture et leur coût relativement faible, notamment en termes de maintenance, expliquent pourquoi il n'est pas rare d'en croiser dans les lieux publics.
Comme vous l'avez compris, l'affichage digital n'a pas qu'un seul visage, il peut se matérialiser sous différentes formes. Chacune ayant son propre mode de fonctionnement…
Comme nous venons de le voir, l'affichage à disques rotatifs est le tout premier système d'affichage digital utilisé dans le monde horloger.

Montre Lip de Baschmakoff, circa 1970 (Source : Café Noir - Les montres)
Dans les montres à affichage digital mécanique, l'indication de l'heure repose sur un système de disques rotatifs imprimés. Ces disques peuvent fonctionner de deux manières différentes.
Ces deux approches, mouvement continu ou sautant, illustrent les différentes manières dont l'horlogerie mécanique a interprété l'affichage digital avant l'arrivée des solutions électroniques…
Avec l'arrivée de l'électronique, l'affichage digital par diode a marqué une véritable rupture !
Les montres LED se distinguent par l'utilisation de diodes électroluminescentes formant des chiffres segmentés. Le cœur de leur système est un oscillateur à quartz dont l'objectif est de fournir une référence temporelle. Un circuit intégré interprète ensuite cette fréquence et pilote les segments nécessaires pour afficher l'heure. Chaque segment est une petite diode qui s'illumine lorsqu'un courant la traverse dans le sens adéquat.

Girard Perregaux Casquette (Source : site officiel Girard Perregaux)
Ce procédé offre une lisibilité immédiate, même dans l'obscurité totale, mais il s'accompagne d'une consommation énergétique relativement élevée... Pour préserver l'autonomie des montres, l'affichage n'est souvent activé qu'à la demande. Les diodes utilisées dans ces montres sont en général fabriquées en arséniure de gallium, un matériau semi-conducteur efficace pour produire une lumière rouge vif, ce qui a longtemps caractérisé l'esthétique des premières montres digitales électroniques. Mais notez qu'aujourd'hui il est aussi possible de trouver des modèles à affichage vert, bleu et même orange !
L'affichage LCD, quant à lui, s'est imposé comme la solution la plus efficace en termes d'autonomie. Un écran LCD repose sur une couche de cristaux liquides placée entre deux plaques de verre recouvertes d'électrodes transparentes et entre deux polariseurs.

Montre Casio digitale A168 Space Colors (Source : Sports Direct)
Sans tension appliquée, les cristaux liquides adoptent une orientation torsadée qui permet à la lumière ambiante de traverser le premier polariseur, de se réorienter à l'intérieur de la cellule, puis de franchir le second polariseur. Le segment apparaît alors clair.
Lorsqu'une tension est appliquée, l'orientation des cristaux change, la lumière n'est plus réorientée et se trouve bloquée par le second polariseur : le segment devient sombre. Ce fonctionnement dit « passif » utilise la lumière ambiante réfléchie par le fond de l'écran et ne nécessite presque aucune énergie. Le circuit intégré commande simplement l'application ou non d'une faible tension sur les segments souhaités, ce qui permet une autonomie très longue. Ce type d'affichage offre une lisibilité confortable en pleine lumière et peut être complété par un rétroéclairage ponctuel pour la lecture dans l'obscurité.
Très pratique la nuit, le rétroéclairage se fait souvent par l'intermédiaire d'une petite diode pouvant s'apparenter à une minuscule ampoule. Mais les montres digitales à écran LCD les plus abouties utilisent un système de rétroéclairage beaucoup plus puissant. On retrouve ces modes de rétroéclairage chez Casio sous le nom de « Illuminator », mais aussi chez Timex via l'appellation « Indiglo ».
Comme nous venons de le voir, l'affichage digital a su traverser les époques en conservant son identité propre. Il demeure une voie singulière dans l'art de mesurer le temps, entre précision, lisibilité et caractère unique !
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